Bookworm

Les romans « young adult » aussi peuvent être excellents

 

 

Les romans « young adult » ou pour jeunes adultes ont un titre qui vient malheureusement avec une réputation : celle de ne pas être de la bonne littérature. Cette dernière, considérée comme souvent destinées aux filles et traitant d’histoires romantiques à dormir debout, semble avoir été jugés sur quelques romans de son genre, bien que je sois convaincue que bien peu de ses fervents critiques en a lu assez pour se faire une opinion sur une aussi vaste gamme de romans.

Dans mon cas, j’ai toujours apprécié cette dernière. Évidemment, il m’est déjà arrivé de tomber sur des navets, mais je puis en dire autant concernant des genres plus valorisés. Cependant, lorsque l’auteure possède une belle plume, une imagination débordante et s’amuse à détruire les stéréotypes dans lesquels les rageux tentent de l’enfermer, cela donne souvent de très bons résultats!

C’est lors d’une soirée tranquille que je discutais avec une amie de Marissa Meyer, reconnue pour ses réécritures de contes avec une touche sci-fi. Je n’ai pas encore lu ceux de sa série Les chroniques lunaires, mais il est certain que je m’y attelle dans la fin de ma session universitaire. Donc, comme je disais, nous discutions de cette auteure et les choses en amenant une autre, je tombai sur Heartless. Bon, je pense ici que je dois vous faire une confession : J’adore les contes, que ce soit les originaux ou les versions reprises par Disney! J’ai évidemment mes histoires préférées et l’une de celles-ci est celle d’Alice aux pays des merveilles, et c’est de cela qu’Heartless est une réécriture.

Excessivement enthousiaste, je me suis immédiatement procuré ce roman et je l’ai dévoré dans la soirée même. L’auteure maîtrise parfaitement son histoire, nous gardant en haleine tout au long de celle-ci. D’une part, elle utilise l’intertextualité pour référer au roman de Lewis Caroll, tandis que d’un autre, elle innove suffisamment pour que le déroulement du récit ne soit pas prévisible pour une adepte d’histoires comme moi. Les personnages sont attachants, l’histoire bien ficelée et le tout est très bien écrit.

Et ce n’est pas tout! C’est la fin du roman qui m’a fait le plus plaisir. Si vous ne voulez pas être spoiler, je vous conseille de revenir sur cet article une fois que vous aurez lu le livre (que je vous conseille fortement!). N’ayant jamais été une fan des fins heureuses à la « ils vécurent heureux et eurent plusieurs enfants », j’ai été plus que satisfaite par la fin du récit. Évidemment, comme la quasi-totalité (lire ici que Heartless est le seul roman « young adult » qui est exclu de cela) des récits jeunes adultes finissent bien, avec un ordre rétabli et une fin heureuse digne des réécritures de Disney, je me suis laissé prendre au piège! Plus les pages avançaient, et je les dévorais avec avidité, plus je me demandais quel retournement de situation pourrait amener les personnages à leur fin heureuse. Cela ne pouvait pas finir ainsi. Aux quatre personnages principaux, un destin funeste fut annoncé s’ils décidaient à un moment de revenir sur leurs pas, ce qu’ils firent. Un mourut suite à cela, l’autre devint un meurtrier, le troisième devint fou et l’héroïne se retrouva mariée de force. Et non, aucun retour dans le temps, sort merveilleux ou quoi que ce soit ne vient les sauver de cette horrible situation.

Ne racontant pas l’histoire d’Alice, les dernières pages du roman nous apprennent qu’en fait Catherine, l’héroïne à qui nous nous sommes attachées tout ce temps est la Reine de cœur! Tout simplement wow. Je ne puis dire à quel point je suis satisfaite de ma lecture et surtout du dénouement, déjouant tous les stéréotypes de happy ending que l’on retrouve généralement. Il est certain qu’après cela, lire d’autres livres de ce genre qui ont une fin facile et heureuse me sera difficile, puisque je n’ai jamais été autant surprise, choquée et enchantée d’une fin de romans jeunes adultes, qui clôture un roman passionnant que j’ai déjà hâte de relire.

 

Laisser un commentaire